\\ MA NEWSLETTER DU DIMANCHE n° 010 \\        ++++++++++++++++++++++++++++++++++

1 - "la grandeur de l'ennemi allié" - J'ai compris que vous aviez beaucoup de choses d'autres à faire et, pour bien faire, je pense qu'il faut multiplier ces espèces de farces catastrophistes, abondantes en blessures trop profondes et trop nombreuses, cela permettrait de pousser leur peine jusqu'au drame et de jouer de son défaut généreux en diagnostics sciemment nauséeux Avant de se soucier d'une précision d'avance trop ravagée : je comprends que cette fin de non-recevoir par saturation aimable invite au pastiche pour prendre le chaos en justification des comportements ce qu'il faut d'affranchis encore là où pèserait d'immaturité : car, vous faites bien : l'histoire saura se rendre compte qu'il n'y avait pas la place de s'en remettre à ces mécanismes : ce que vos manières de faire traduisent, il faudrait avoir les yeux en face des trous pour voir à quel point vous visualisez comme il n'est plus possible de les avoir exactement là où il faut regarder de travers pour se rendre compte des choses éparses qui font leur poids tant qu'une communauté voudra s'en porter malgré tout garante : c'est bien en son nom que je vous prie de me tenir en mal de vous apporter mon soutien mais aussi dans la mesure où je ne ferai pas le poids devant tout le travail que représente la communauté qui semble pouvoir reconnaître vos manières de procéder et autant de méthodes qui ne m'ennuient pas tant qu'elles m'irritent beaucoup lorsqu'il faudrait les revevoir tel un appel à l'assentiment bienvenu le plus torturé possible alors que je veux bien entendre qu'il est normal de réserver le meilleur accueil aux assentiments les plus torturés par justice de ce dont rien ne me convainc assez ultimement qu'ils sont à ce point terriblement cons : vous avez appris comme moi qu'il est bon et épanouissant de les considérer aliénés par toutes ces manières dont la requête est d'autant moins recevable qu'ils sont justement affectés et qu'il ne s'agit donc pas de les traiter comme s'ils étaient recevables alors qu'il s'entend en de pareille détresse que l'appel est informel et disposé le plus courtois se montre encore très indécis ou trop confusément déterminé pour lui rendre n'importe quel hommage ou lui adresser des espèces de provocation dont le caractère profondément déplacé est notamment absurde tellement les tordus comme les plus raides se sont justement occupés à foutre un tel bordel qu'il est absolument hors de propos de tenir ses pans les plus répressifs pour plus castrateurs que le contre-ordre qu'il s'agirait de mettre encore très en désordre exactement à l'heure où le désir a toujours encore autre chose à foutre : cela ne pourra toujours que s'apparenter et par là même faire le pastiche de ce qui le précède puisqu'il ne peut plus être question de vous dire que je n'aime vraiment pas spécialement ce que vous faites lorsque ce ciblage apparaîtrait tant épistolaire qu'il aurait en défaut le poids digne d'assurer son ratage ou sa beauté.

2 - SCOLIE o - Cette manière de se montrer à la fois insouciant et mielleux, la nouvelle façon d'être cowboy présage que les modes n'endeuillent rien autant qu'elles ne rangent : ne soyez pas impatient comme ça : si, cette fois, cela est direct, c'est encore un peu ce que vous en dites qui en décide : pour bien se laisser pénétrer par ce ton tristement mais si fervent, il faut se rappeler à quelle époque nous sommes : N'y touchez pas pour ne pas la brusquer, au risque de la trouver déplacée, laissez-vous réjouir : je ne devrais pas vous le dire, parce qu'il faudrait installer un climat de confiance : tout ce que je peux avoir à vous dire va émousser la confiance que vous pourriez me prêter : sinon que nous sommes entre nous et que, en général, cela justifie d'organiser quelques aveux de faiblesse. Nous pouvons le prendre comme ça : s'il faut abolir les barrières, je n'ai plus lieu de respecter...

3 - REFERENCE - "Lorsqu'on lui demandait, après quelqu'une de ses improvisations au piano d'une audace toujours un peu sombre, mais d'une si poignante, d'une si dramatique tendresse, de quel nom il fallait appeler cette atavique désolation qui semblait chose trop âgée pour son jeune être, il répondait par le mot polonais de "zal". Mot qu'il répétait, qu'il aimait, susceptible de régimes différents et qui tantôt renferme tous les attendrissements, toutes les humilités, tantôt la rancune, la révolte, les vengeances glaciales. Mot qui signifie aussi bien "regret inconsolable", que "menace" ou "amertume stérile", et qui pourrait convenir enfin à tous ces Hamlets cruels et poètes que sont les Slaves. Dès sa seizième année, le "zal" fut le bel ennemi de son bonheur, l'ennemi qu'on arme toujours de neuf quand on a le coeur romantique et que la destruction de soi apparaît comme la plus éclatante des formules de la vie. Pour s'être connu, puis cultivé sans résistance, Chopin a réussi ce miracle exceptionnel d'être lui-même tout entier avant que la vie lui eût rien appris. De rester lui contre elle, en dépit d'elle." (Guy de Pourtalès, "Chopin ou le poète", Le Livre de Poche, Paris, 1963, p. 25)

4 - SCOLIE p - Le must restera longtemps d'en tirer le meilleur, de toujours y prétendre un peu mieux plutôt que de s'arrêter à ce qui se réduirait à quelques contraintes. Bien sûr qu'il n'est pas question de poursuivre sans subir quelques perturbations. Si on ne peut savoir si elles tiennent du trajet ou de la destination, cela reste encore les affectations les plus troublantes. Puisque chaque pas est toujours une bifurcation, puisque les autres façons de faire reviennent aussi sans prévenir, nous ne saurons nous en lasser : plus ça en parle, moins on en sait, tellement on veut en entendre parler, au risque de passer pour ringard et benêt : ça fait toujours beaucoup de bien de se dire qu'il va arriver quelque chose de nouveau et, en la matière, il n'y a pas beaucoup plus frais que le bon vieux truc. Et, pour l'heure, le bon vieux truc qui va redevenir très frais, ce sont ceux qui en parlent le plus qui s'éternisent le moins, ce sont ses promoteurs qui vieilliront toujours le plus vite. Parce que, techniquement parlant, ce n'est pas très sexy et ça n'a pas intérêt à la ramener en revendiquant une forme monolithique qui a dû être ré-aménagée toujours assez tôt.

5 - PIECE 3.2 - Il en ressort des choses très sûres et très lentes : institutionnel, cependant intéressant, le fait qu'il soit incontournable peut paraître ascétique et de voir des initiatives se faire numérique au point de se refuser aux autres supports : ça paraît ascétique tant que ça ne fait rien d'autre : seulement, ça fait beaucoup d'autres choses, notamment, ça impose une légèreté dans les passions : il vous suffit d'adorer soudainement un acteur, vous vous documentez en moins de deux heures, vous restez inconditionnel par la petite érudition très partiale, faite de micro-secteurs vous élisant incollables, pendant moins de deux semaines, vous tenez comme ça quelque temps et, en deux ans, vous avez l'impression d'avoir fait le tour du Net : vous prenez une année sabbatique qui vous gave en moins de deux mois et, comme cela manque à votre tableau d'honneur, vous faites une psychothérapie qui ne rime plus à rien dès la quatrième séance parce que la légèreté des passions accélère l'usure de vos fétichismes futurs et, pour compensation, abrège l'élan de vos désarrois. La brachylogie ne pourra jamais rendre tout le monde blasé (il y a des gens que ça rend, certes blasés, comme tout le monde, mais pointus avec ça).

6 - RECENSION 04.09.01 - Il a beau jeu de le dire, il a bien fait de le vivre, il devait en être ainsi, il a cependant su le relever, assez pour le beau jeu, il doit encore ne pas le relever, ne même plus sentir le vécu limite-abusif, il doit même en dédommager quiconque par une narration et tout ce qui se passe du roman de l'aigreur, affranchi du conte, exulte discrètement (encore trop) une retenue vibreuse. La mémoire peut alors entamer une guerre contre sa vivacité, elle n'en pourra remporter que la suffisance des souvenirs : les réminiscences sont si dangereuses depuis la cuisine, la dégustation grossière, luxueuse, la consommation des événements, de leurs nominations ; le ravissement de les inhaler ne suffit pas à magnifier la famille, son obscénité peut se dire bien-sentie, reste par trop indécente, soufflée par le trop, que trop fondateur - interdit son reniement total.

7 - SCOLIE q - Nous imaginons bien que personne n?en pense pas moins. Dans la mesure où toutes les raisons du monde sont bonnes à faire un monde, il n'y a pas à sous-estimer ce que les autres imaginent et tout ce que leurs spéculations peuvent viser, il y a tout lieu d'en surfaire les tenants. Prêter à quelqu'un des pensées qui paraissent inappropriées à son cas est encore très heureux tant elles pourraient lui venir au même titre que tout ce que nous l'imaginons trop parfaitement ruminer sans y penser. Puisque le cours des événements se doit décervelé, tout ce que nous imaginons lui vient en excédent. Ce n'est pas parce que nous ne nous donnons pas les moyens de répliquer à ceci et à cela que nous le pouvons parfois. De telle sorte que nous pensons toujours à perte et lorsque cela nous aiderait, ça vaudrait tout autant d'être perdu. Il est donc très rare que nous jouions à dire les choses de telle sorte que chacune des parties s'y retrouve, s'allège de ses boursoufflures. Vous êtes bien placé pour le savoir.

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21 avril 2002, (c) David Christoffel, "Ma Newsletter du Dimanche n° 010",

disponible sur http://www.criticalsecret.com/forum

30 exemplaires vont être glissés, mardi, derrière les glaces des toilettes des TGV Nantes-Paris et Paris-Nantes.   [http://www.pagesjaunes.fr donnant trop peu de résultats à la requête bibliothèque+ municipale+creuse, une dizaine d'exemplaires "Ma Newsletter du Dimanche n° 009" a aussi été envoyée, sans être affranchie, bien sûr, à des bibliothèques municipales de Dordogne.]


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